Penjing

flûte, violons, trompette, saxophone alto, cor, trombone, ténor basse et 5 voix.

Commande de la Sacem pour le projet « Musiques, an 13 », cycle de créations à l’occasion des treize ans de Musicatreize.

Poème de Pierre Eyssartier.

 

Eté 1998 – Revenu d’un grand périple à travers la Chine, je laisse ma plume bavarder sur mes impressions souvenirs.

Pékin, capitale grise et bruyante protège le dernier vestige palatial de ces dynasties qui fondèrent l’Empire du Milieu : la Cité Interdite.

Elle me permit, malgré l’affluence des visiteurs, de me laisser me submerger des fantômes qui y vécurent. Ceux-ci laissèrent derrière eux flotter trois Tons, dominant les palais figés dans leurs cours : le Pourpre, le Vert, l’Or.

J’ai alors composé une petite fresque où s’enchaînent, s’éclairent les trois couleurs de ce Cœur du monde chinois.

 

Sous forme de triptyque, je laissai s’intercaler entre les deux tableaux extrêmes un hommage aux lettrés chinois, ces calligraphes, peintres, poètes, philosophes, face au jardin miniature ou Penjing  (bonzaï en Japonais),  qui connaîtra une fortune à laquelle se laissent aimanter tant d’occidentaux. Méditation de l’homme face à la Nature qui, coûte que coûte, est indispensable à son équilibre.

Ce Cœur Pourpre a donc battu pour moi. Grâce aux résonances de Thierry Pécou, il battra, je l’espère, bien longtemps dans le vôtre.

Pierre Eyssartier