Motets pour un Temps de Pénitence

Composés en 1939 pour le premier, en 1938 pour les trois autres, ces quatre chœurs mixtes a cappella appartiennent à une veine sombre et dramatique. Poulenc ne les tient pas pour son œuvre la plus subtile et leur préfère de loin, parmi les pièces de la même période, la Messe de 1937, « si verticale, si complexe harmoniquement ». Ils les a écrits, « aussi réalistes et tragiques qu’une peinture de Mantegna », sous le choc causé par la première audition des Cantates de la Paix et des Deux Cités de Milhaud, en l’église Saint- Étienne-du-Mont à Paris. Il avoue : « Pour les Motets de pénitence, comme pour ceux de Noël, j’ai sans cesse pensé à Vittoria, pour lequel j’ai une admiration sans borne. C’est le saint Jean de la Croix de la musique. » Les trois premiers chorus sont écrits jusqu’à sept voix, le dernier en compte jusqu’à neuf, dont un soprano solo.