Litanies pour Ronchamp 2005

Durée : 1h30

Pour deux chantres solistes, ensemble vocal, quatuor à cordes et percussion

 

Ces  Litanies  peuvent s’entendre comme un double hommage au sanctuaire de Ronchamp et à l’architecte génial de sa « réinvention » en 1955.

L’ouvrage est composite (au même titre que les matériaux de la chapelle). Il reflète l’esprit de ces processions du Moyen Age, où le peuple et les clercs allaient de chapelles en sanctuaires, s’arrêtant pour chanter une hymne, pour psalmodier une litanie, proposer une lecture, se recueillir pour une prière. La musique s’articule  dans la première partie autour du magnifique texte latin des Litanies de la Vierge du à Jacques Horstius (auteur du 17° siècle) ; elle fait appel aux ressources de la polyphonie vocale comme à celles de la monodie grégorienne qui apparaît parfois en pleine lumière, grâce aux chantres de plain-chant. Dans la seconde partie, la latin laisse la place au français, notamment pour des extraits du livre de l’Ecclésiastique (Ancien Testament), confiés soit à des voix solistes soit à l’ensemble vocal accompagné ou non du quatuor à cordes.

 Si la musique de Gilbert  Amy – originale ou empruntée par moments à sa Missa cum jubilo (extraits du Kyrie et de Agnus Dei) – est prépondérante, on y entendra, comme greffées, des antiennes de plain-chant, de la polyphonie primitive du XI° siècle (manuscrit de Chartres) et même un mouvement de quatuor de Beethoven, placé au centre de l’édifice sonore et dont la présence est  justifiée par sa dédicace, « chant de reconnaissance… » et par son usage du mode lydien,  parfois utilisé en chant grégorien. Des fragments de textes de Le Corbusier se font entendre, comme des ponctuations, choisis en raison de leur lien avec la construction de la chapelle mais aussi de leur élévation intellectuelle ou spirituelle.

Les forces musicales font appel à un ensemble vocal  mixte, deux chantres de plain-chant, un quatuor à cordes et un percussionniste jouant notamment du vibraphone et des cloches-tubulaires. Des forces somme toute modestes, eu égard aux dimensions du sanctuaire, à l’intimité du site.

C’est une manière d’itinéraire liturgique et sonore  où les langues traditionnelles de la tradition occidentale chrétienne (grec et latin) alternent avec le français, pour les besoins de la cause, rappelant le rôle prépondérant et international des pèlerinages médiévaux.

Des remerciements tout particuliers vont à Jean-Yves Hameline pour l’aide inestimable apportée et les conseils prodigués dans le choix des textes, leur articulation dans le déroulement de l’ouvrage et leur mise au point.