Ecrit sur le vent et l'eau

1 flûte, 1 clarinette, 2 cors, 1 percussion, 2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse et 2 voix.

Textes tirés du Kalevala Latina (extraits de la Chanson I, traduction de Tuomo Pekkanen) et du compositeur.

Commande d’Etat pour Musicatreize

Dédié à Musicatreize

 

Ecrit sur le vent et l’eau (le titre fait référence à l’œuvre de Catulle et à l’essence de l’art en général) est un hommage à la mer – « mon » élément depuis mon enfance – abordé autant comme réalité physique qu’en tant que source d’une variété de réflexions philosophiques, voire comme interprétation mythique du phénomène de la vie.

 

Le premier mouvement, « Evocation des ondes », l’ouverture, installe l’œuvre dans une ambiance poétique, quasi-impressionniste, alors que le deuxième, « Origo verborum ou l’origine des mots », peut être défini presque comme un « mini-opéra » et est, à ce titre, évidemment, le plus dramatique des trois. Le troisième mouvement, « Prière pour les mers » clôt l’œuvre dans une atmosphère religieuse – étant entendu que ce terme soit compris sans dogmatisme.

 

Contrastant avec les deux autres mouvements pour lesquels j’ai utilisé exclusivement des phonèmes, le texte dans « Origo verborum ou l’origine des mots » est central, parfois même intentionnellement descriptif. Toutefois, même dans ce mouvement, j’ai opéré, comme je le fais souvent, sur une échelle sémantique large, brassant dans mon procédé de composition, des moments où les mots et les phrases sont clairement articulés et des situations où le texte est exploité comme un matériau cru, purement phonétique. « Origo verborum ou l’origine des mots » utilise des extraits tirés de la première chanson du « Kalevala », l’épopée nationale finlandaise, présentant une interprétation de l’origine des mots, de la parole et du chant (ce qui, dans notre mythologie, donne à ceux qui les maîtrisent des pouvoirs exorbitants). J’ai préféré utiliser la récente traduction latine de l’épopée pour souligner l’aspect allégorique et universel du mythe.

 

Le titre et l’humeur troisième mouvement, « Prière pour les mers », font référence à notre souci commun de l’environnement. Quant à sa structure, elle permet de clôturer l’œuvre en faisant une entité relativement symétrique. Pour ce qui est de l’utilisation des voix et des instruments, j’ai cherché par des moyens expressifs et inventifs à les allier et à les différencier dans toute l’œuvre.

Olii Kortekangas