Didon et Enée

adaptation de l'oeuvre d'Henry Purcell

pour sept chanteurs, deux pianos, deux percussionnistes, trompette et trombone.

 

 

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Après une des dernières représentations d’Un retour au Festival d’Aix, Bernard Foccroulle a eu une idée de celles qui peuvent surgir seulement entre deux verres de bordeaux : « pourquoi ne fais-tu (me dit-il) une adaptation de Didon et Énée pour la même formation que celle d’Un retour, pour que les deux œuvres fonctionnent comme un double programme et que les deux pièces soient ainsi finalement unies ». L’idée était bonne et évidente : le mythe de Didon et Enée est omniprésent et explicitement évoqué dans le livret d’Un retour. Les deux pièces font environ une heure de durée et cela ferait un programme d’opéra complet, avec un entr’acte. En plus – et cela je le pense maintenant, travaillant sur l’œuvre – Enée étant le roi de Troie, et Troie ayant été saccagée par Ulysse comme point de départ de l’Odyssée, l’œuvre s’inscrit dans la lignée thématique que je travaille actuellement : Enée, roi de Troie (« Didon et Enée » et « Un retour »), Ulysse, roi d’Ithaque (« Odyssée »). Même Médée (« Midea », mon premier opéra), n’est pas trop loin…

Depuis la nuit des temps, la musique évolue par imitation des musiques préexistantes, voire par pure copie. Bach orchestre des concerti de Vivaldi, Mozart, le Messie de Haendel, Liszt arrange des airs d’opéra et Ravel adapte les Tableaux de Moussorgski. Donc, je m’attaque à un travail très fréquent et très formateur dans la vie d’un compositeur, celui de copier, adapter, réorchestrer, en somme interpréter par écrit une pièce d’un autre temps.

Je me suis mis comme contrainte, celle de laisser pratiquement inchangées les parties vocales de Didon. Je ne réécris que la partie instrumentale. Purcell, comme c’était l’usage dans son temps, écrit très sommairement la partie instrumentale. Parfois à peine une basse continue chiffrée. Cela laisse une grande liberté à ma nouvelle orchestration, liberté autant instrumentale qu’harmonique que je prends sans complexe.

Je garde exactement l’orchestration d’Un retour : deux pianos, deux percussionnistes (jouant les mêmes instruments employés dans ma pièce), une trompette et un trombone.

Oscar Strasnoy