Cris

Durée 17’30

Ed. Jobert

 

Cris (1968) de Maurice Ohana est dédié aux douze voix solistes des « Chœurs de l’ORTF » dirigés à l’époque par Marcel Couraud à la radio française. La pièce pour chœur a capella montre une synthèse assez poussée des recherches sur les possibilités de la voix humaine à la fin des années 1960. En effet, le jeu sur les micro-intervalles (plus petits que le demi-ton tempéré, ici il est fait usage du tiers de ton), les effets de percussion phonétique d’essence instrumentale, l’influence des rengaines rituelles extra-européennes (en l’occurrence africaines et japonaises), les divers cris de foule humaine (les interjections allemandes ou espagnoles liées à la deuxième guerre mondiale comme les revendications de la ville émancipée : les slogans parisiens de Mai 68), mais aussi la sourde rumeur provenant de cris d’animaux sauvages constituent l’apanage du matériau vocal de Cris.

Le critique Henry Halbreich a pu du reste noter que par un cheminement imprévu, auquel même le stimulant de l’électroacoustique n’était pas étranger, Maurice Ohana a su avec Cris retrouver « le contact avec certains aspects des polyphonies espagnoles du début de la Renaissance, notamment celles du Cancionero d’Upsal ».

Ecrite pour orchestre vocal, la partition laisse parfois quelques phrases d’improvisation (sorte d’aléatoire fortement surveillé) aux chanteurs et fait par moments appel à quelques renforts d’instruments à percussion.

 

Pierre-Albert Castanet