Carlo Gesualdo

1561-l613

 

De famille noble, il hérite de la principauté de Venosa à la mort de son père, en 1586. La même année, il épouse sa cousine, Maria d’Avatos, mais quatre ans plus tard la fait assassiner avec son amant, après les avoir surpris en flagrant délit. Il se retire alors dans son domaine à Gesualdo. En I593, il entreprend des négociations pour épouser la nièce d’Alfonso d’Este, duc de Ferrare, éminent protecteur de la musique. Il se marie avec elle, à Ferrare, l’année suivante, et rencontre Luzzaschi et d’autres compositeurs qui s’essaient au Chromatisme. Il compose plusieurs volumes de madrigaux dans lesquels il pousse le chromatisme à l’extrême, dans les limites de l’époque. La nature maniaco-dépressive du compositeur s’exprime par des changements soudains de rythme, juxtaposant des passages en doubles croches et des passages en blanches ou en rondes. Ses textes sont souvent érotiques et le contenu émotionnel de chaque phrase est traduit avec un maximum d’intensité dans la musique. Son second mariage n’a pas été une réussite et, à la fin de sa vie, il souffrait d’une mélancolie masochiste pathologique. Après sa mort, on découvrira la réelle valeur de ses madrigaux qui seront publiés en 1616 parmi les premières grandes partitions imprimées (et qui comptient aussi parmi les premières éditions intégrales). Gesualdo a également composé de la musique religieuse dans un style légèrement plus retenu que celui de ses madrigaux. Sa vie très agitée à suscité beaucoup de curiosité et Stravinski s’est montré fasciné par sa musique : i1 a orchestré et complété certaines de ses œuvres.

 

 

Denis Arnold

Extrait du Dictionnaire encyclopédique de la musique, éd. Robert Laffont