Autodafé

Pour chœurs et orchestres

 

« Ce titre d’Autodafé suggère le sort réservé à une série de « mots historiques », sentences idéologiques ou autres, qui forment, sans ordre chronologique, la trame du texte. Leur dérision ou l’imposture dont ils sont parfois devenus l’expression, le temps aidant, trouvent leur fin dans l’incendie sonore qui les menace et les engloutit finalement, pour ne laisser en conclusion qu’un énigmatique vers de Shakespeare : « Est morte la mort, plus rien ne mourra jamais. » « Les sons, par leur essence, sont incapables d’exprimer quelque chose. Mais ils peuvent diriger la conscience de l’auditeur vers un certain aspect des choses, en formant en lui une espèce de théâtre imaginaire, simplement avec le titre ou avec un texte fragmentaire qui se trouve dans la musique. C’est ce qui justifie, par exemple, l’opéra comme genre essentiel de la musique. Parce qu’ici la musique joue pleinement son rôle social. C’est-à-dire qu’elle peut agir sur la conscience de ses contemporains et les éveiller à une certaine manière de penser. » Maurice Ohana